Hybrid-SACD - UDSACD 2313 Lire plus.
1. Eruption
2. Stones Of Years
3. Iconoclast
4. Mass
5. Manticore
6. Battlefield
7. Aquatarkus
8. Jeremy Bender
9. Bitches Crystal
10. The Only Way (Hymn)
11. Infinite Space (Conclusion)
12. A Time And A Place
13. Are You Ready Eddy?
Les « supergroups » existaient déjà avant la formation d’Emerson, Lake & Palmer en 1970. Et beaucoup d’autres sont apparus par la suite. Mais rares sont ceux, s’il y en a, qui ont pu égaler l’alchimie du trio britannique et sa combinaison unique de virtuosité, de vision et d’énergie. “Tarkus” est probablement le seul album qui relie la légende du jazz Dave Brubeck, le compositeur russe Sergei Prokofiev, l’ingénieur du son talentueux Eddy Offord, le compositeur argentin Alberto Ginastera, le caméléon musical américain Frank Zappa et le génie de la composition Johann Sebastian Bach. Le deuxième album d’Emerson, Lake & Palmer était varié, ambitieux, complexe et pourtant accessible – ce qui lui valut un immense succès. “Tarkus” atteignit la première place des classements britanniques et entra dans le Top 10 aux États-Unis.
Le morceau-titre théâtral – une épopée de près de 21 minutes retraçant la vie d’un tatou, de sa naissance jusqu’aux conséquences de sa défaite lors d’un combat contre une manticore – provoqua brièvement, autour de “Tarkus”, une fracture dans l’alchimie alors florissante du trio. La raison résidait dans l’architecture et la direction que le claviériste Keith Emerson poursuivait avec “Tarkus” : cette suite virtuose, basée sur des mesures en 10/8 et 5/4, frustra d’abord le guitariste et chanteur Greg Lake. Celui-ci finit toutefois rapidement par accepter de participer et d’écrire cette narration anti-guerre en sept parties. Aujourd’hui, “Tarkus” est considéré comme l’une des meilleures compositions progressives jamais écrites et interprétées. La seconde moitié de l’album met clairement en évidence l’étendue du registre d’Emerson, Lake & Palmer : “Jeremy Bender” fut placé de manière à offrir aux auditeurs une respiration après l’ouverture exigeante. Le morceau se déploie avec des pianos honky-tonk et des claquements de mains percussifs. Hommage à “Count Down” de Brubeck, “Bitches Crystal” sert également de démonstration éclatante du jeu pianistique irréprochable d’Emerson. Le claviériste est aussi au centre de “The Only Way (Hymn)”, qui associe des réflexions religieuses audacieuses à une transition vers la pièce instrumentale jazzy “Infinite Space”. Sans solos de batterie, ballades acoustiques ni intermèdes intellectuels, “Tarkus” se distingue de son prédécesseur tout aussi estimé, tout en montrant qu’Emerson, Lake & Palmer fonctionnaient à plein régime et semblaient capables, en tant que groupe, de jouer n’importe quel style à n’importe quel tempo.
Masterisé avec le plus grand soin à partir des bandes originales dans le studio californien de MoFi et présenté dans un emballage gatefold de style mini-LP, ce Hybrid-SACD présente pour la première fois ce classique du rock progressif dans une qualité sonore de référence. Clair, dynamique et équilibré, cette réédition de collection rend hommage à l’approche perfectionniste qui a façonné à la fois l’interaction musicale et l’enregistrement de l’album. Elle révèle la dimension épique, la profondeur sonore et l’étonnante musicalité du trio. Tous les aspects – textures, nuances, effets et changements de tempo – qui vont de pair avec les compositions du trio sont restitués dans une scène sonore ample et détaillée avec précision. Le réalisme originel de l’enregistrement ressort sur cette réédition MoFi comme il le mérite. Le Hybrid-SACD strictement numéroté est naturellement proposé avec l’iconique illustration de pochette signée William Neal.